Road show de Sikasso : les acteurs du commerce en concertation pour lever les barrières au commerce intra-communautaires de produits agropastoraux

Le Programme pour la Libre Circulation des Produits Agro-alimentaires en Afrique de l’Ouest (ProFAB), en collaboratisikassoon avec l’Alliance Borderless et le PRAPS, a organisé à Sikasso les 23 et 24 mars 2017, un atelier de sensibilisation sur les entraves au commerce intra-communautaire des produits agro-pastoraux sur l’axe Bobo Dioulasso – Sikasso - Korogho. Opérateurs économiques, transporteurs, agents de contrôle (police, douane, gendarmerie) venus du Burkina, du Mali et de la Côte d’Ivoire, se sont joints aux organisateurs pour échanger sur les obstacles empêchant la fluidification du commerce telle que voulue par le Schéma de Libéralisation des Echanges de la CEDEAO. Selon Mr Justin Bayili Secrétaire Exécutif de l’Alliance Borderless, l’objectif recherché en initiant cette activité est de créer un cadre de concertation entre les acteurs du secteur public et du privé pour dialoguer sur les défis communs et favoriser ainsi une meilleure compréhension des enjeux, afin de contribuer à la facilitation des transactions commerciales particulièrement celles des denrées agropastoraux.

Un important potentiel selon les experts du CILSS

Rien que dans cette zone, les échanges sont estimés à plus de 12 milliards pour les produits agricoles et plus de 160 milliards pour le bétail. En général ce sont principalement le maïs, les huiles végétales, les produits à racines et tubercules qui quittent la Côte d’Ivoire pour le Burkina et le Mali ; alors que le commerce du bétail suit le sens inverse. A l’échelle de la région, les transactions du bétail peuvent contribuer jusqu’à 40% du PIB agricole de certains pays comme le Niger ou le Mali, elles constituent dans certains cas la deuxième source de recette d’exportation après les industries extractives. Aussi, le lait produit dans cette région peut procurer jusqu’à 40% des revenus de certains ménages.

Que d’obstacles sur les corridors et aux frontières !

Malgré, ces opportunités le commerce régional fait face à plusieurs obstacles qui ont pour nom : les tracasseries routières qui sont l’objet du Road Show de Sikasso. Ces difficultés se caractérisent par des contrôles répétitifs sur les différents corridors de transit, des prélèvements illicites et des pertes de temps. Malgré les textes réglementaires régionaux qui fixent les postes de contrôle à 3 du point de départ à la frontière et à la destination, il est observé en moyenne 7 à 10 postes sur les tronçons. Les prélèvements illicites sur le riz étuvé le produit le plus frappé par ce phénomène, sont estimés en moyenne à plus de 130 000 FCFA/100km

De telles pratiques se répercutent à l’arrivée sur les prix des denrées agroalimentaires, et par voie de conséquence sur la sécurité alimentaire des populations de la région. De l’avis de l’assistant en gouvernance routière, M. Barthélemy Sidibé : « à causes des tracasseries, il n’y a même pas d’enregistrement des données en terme de volume des céréales transitant aux frontières », ce qui a tendance à biaisé les statistiques.

A la lumière des débats, la responsabilité semble être partagée entre des opérateurs qui souvent font montre d’une méconnaissance quasi absolue des textes et de leurs devoirs. En revanche, les agents de contrôles ont tendance à profiter de cette ignorance et de la situation d’insécurité qui prévaut depuis quelques temps dans la région pour s’adonner à certaines pratiques peu orthodoxes.

Il est bien possible d’éliminer les obstacles au développement du commerce régional…

Au regard des acteurs, les efforts consentis par les autorités ivoiriennes ont donné des résultats salutaires et font du pays un cas d’école pour les autres états.

Plusieurs recommandations sont formulées pour surmonter ces barrières tarifaires et non tarifaires qui continuent de plomber les transactions commerciales intra-communautaires des produits agro-alimentaires. La formation et la sensibilisation de tous les acteurs sur les textes réglementaires en vigueur, l’utilisation commune des NTIC via le développement de systèmes informatiques dans le contrôle et le suivi des corridors, la professionnalisation ; l’identification des agents de contrôle, la promotion des valeurs sociales sont autant de pistes identifiées par les participants.

Enfin, les participants ont tous apprécié le format de l’atelier regroupant tous les acteurs impliqués dans le commerce aux frontières et le long des corridors. Aussi, ont-ils demandé au ProFAB et à ses partenaires, notamment l’Alliance Borderless, le CILSS, et le PRAPS de tenir plus régulièrement ce genre de rencontre et ceci dans tous les pays de la CEDEAO.

Pour le Secrétaire Exécutif de l’Alliance Borderless, tels étaient les résultats attendus de cette initiative qui se veut un cadre de concertation entre les acteurs du secteur public et ceux du secteur privé pour échanger sur les défis communs  afin de contribuer à la facilitation des transactions commerciales, particulièrement celles des denrées agropastoraux.

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Papa Alassane Mbaye

Chargé de communication du ProFAB

Lu 1097 fois Dernière modification le vendredi, 31 mars 2017 11:49
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